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Burkina Faso: l’usage du terme «camarade» va être généralisé dans les ministères et institutions

Une volonté d’harmonisation qui s’inscrit dans la droite ligne de la Révolution progressiste populaire qu’entend insuffler le pouvoir en place au Burkina Faso.


Photo prise le 19 mars 2019 montrant un homme à vélo devant un panneau du ministère de la Justice à Ouagadougou.
Photo prise le 19 mars 2019 montrant un homme à vélo devant un panneau du ministère de la Justice à Ouagadougou.

C’est une note administrative qui circule depuis le 1er juin dans tous les ministères et institutions du Burkina Faso : le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo exige que le terme « camarade » soit systématiquement utilisé dans les discours, prises de paroles et correspondances administratives.

L'usage n’est pas encore adopté dans les maquis de Koudougou ou dans les champs de cannes à sucre de Banfora, mais désormais, dans les administrations, que l’on soit ministre ou fonctionnaire, les Burkinabè devront se donner du « camarade » lorsqu’ils s’adresseront les uns aux autres.


Refléter l’esprit d’égalité


Une nouvelle règle sémantique qui a pour but, écrit le Premier ministre, de refléter l’esprit d’égalité, de fraternité et de solidarité, entre les dirigeants et le peuple.

Une directive qui poussera les uns et les autres, affirme Jean Emmanuel Ouédraogo, à une marche vers l’édification du Faso Nouveau.


En matière de nouveautés, la junte militaire ne manque pas d’inspiration, puisqu’en janvier dernier, le département de la Fonction publique, du travail et de la sécurité sociale, était par exemple rebaptisé ministère des « Serviteurs du Peuple ». Celui de la Défense était renommé « ministère de la Guerre et de la défense patriotique ».


À noter qu’on usera désormais au Burkina Faso du terme « camarade » dans les correspondances administratives mais aussi dans les prises de paroles et les discours, exige le chef du gouvernement.

Un dogme qui permet d’armer et de solidifier le champ lexical de la Révolution progressiste et populaire prônée par les autorités de transition.

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