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Bénin: le Sénat, nouvelle chambre du Parlement, a pris ses fonctions ce jeudi

C'est officiel, le Bénin a un Sénat. La deuxième chambre du parlement béninois s'est mise au travail en fin de matinée ce mercredi 30 juillet dans les locaux de l'Assemblée nationale à Porto-Novo. Une installation cérémonielle dans la capitale politique, même si les sénateurs siègeront à Cotonou. Issue de la révision constitutionnelle de novembre, sous la présidence de Patrice Talon, elle compte 25 membres, répartis entre membres de droit et membres désignés, aucun sénateur n'étant élu. Le parti d'opposition les Démocrates avait combattu ce projet et voté contre. Son ancien président, Boni Yayi, membre de droit lui aussi opposé à la réforme, a finalement accepté d'y siéger pour y porter les revendications politiques et démocratiques.


[Image d'illustration] Des taxis-motos circulant dans les rues de Cotonou, le 7 décembre 2025. © AFP - OLYMPIA DE MAISMONT
[Image d'illustration] Des taxis-motos circulant dans les rues de Cotonou, le 7 décembre 2025. © AFP - OLYMPIA DE MAISMONT

Avec notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan 

La cérémonie s'est déroulée sous une tente climatisée. Les 24 sénateurs ont été accueillis un à un à l'entrée par Joseph Djobénou, président de l'Assemblée nationale. L'installation a été présidée par Elisabeth Pognon, 89 ans, membre de droit, doyenne d’âge en second. Dans l'assemblée, les objectifs des caméras se sont attardés au premier rang. L'image à capter est intéressante et inattendue. Patrice Talon, costume strict, est assis côte à côte avec Thomas Boni Yayi, en boubou blanc. Ils se serrent la main, se parlent, se chuchotent des choses à l'oreille. La photo circule aussitôt sur les réseaux sociaux.

Elisabeth Pognon a prononcé le seul discours de la cérémonie. La lecture est dynamique, faite d'improvisations et d'humour, même si elle cafouille par moments. À ses collègues, elle lance : « C'est un honneur redoutable de siéger au Sénat. Nous devons lui donner ses premières marques en restant objectifs dans nos démarches et nos décisions. »

Une photo de famille clôture l'installation. La suite : l'adoption du règlement intérieur dans la journée, si tout va bien. Il sera transmis à la Cour constitutionnelle pour conformité. C'est après que le Sénat béninois élira son bureau, probablement dans la première semaine du mois d'août, selon un sénateur.


Réguler la vie politique


Le Sénat a pour mission de réguler la vie politique. Pour les adversaires de Patrice Talon, cette institution permet surtout à l'ancien président, qui a quitté le pouvoir il y a deux mois, de revenir dans le jeu politique par une autre porte. À ceux qui lui adressent ces reproches, Patrice Talon avait déclaré avant son départ que « ce serait une faute de se dérober, peu importe celui qui va la diriger pourvu qu'il ait un bon esprit. Il faut apporter sa sagesse, sa prière, sa protection à un peuple qu'on a aimé et servi. »


Deux autres anciens chefs d'État siègeront comme lui au Sénat : le doyen d'âge Nicéphore Soglo, 95 ans, et Boni Yayi, adversaire farouche de Patrice Talon. Ils sont membres de droit. C'est quasiment à la veille de l'installation que ce dernier a accepté d'y siéger, après un premier refus. « C'est l'un des rares espaces de débat qui reste », a-t-il assuré. Boni Yayi ajoute qu’il compte y soulever les sujets de libertés, de démocratie et de libération des personnalités politiques en détention et en exil.

Parmi les 25 membres figurent aussi les constitutionnalistes Robert Dossou et Théodore Holo, tous deux anciens présidents de la Cour constitutionnelle, les vétérans de la politique Adrien Houngbédji et Bruno Amoussou, anciens présidents de l'Assemblée nationale, ainsi qu'Ousmane Batoko, ancien président de la Cour suprême.

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