Centrafrique: une ville du sud-ouest face à la peur de trafics d’organes et de restes humains
- jeunepatriotes49

- il y a 2 jours
- 2 min de lecture
À Bayanga, dans le sud-ouest de la Centrafrique, la population vit depuis plusieurs années dans la peur. En cause : des faits présumés de trafic d’organes, d’ossements humains et de sang. Des tombes auraient été profanées et des ossements déterrés puis revendus. Plusieurs disparitions inquiétantes sont également rapportées, notamment dans les champs isolés et lors de cérémonies funéraires. Ces pratiques, parfois associées à des croyances occultes et à la recherche d’argent, alimentent une véritable psychose. Agriculteurs et villageois hésitent désormais à se rendre seuls dans les plantations ou à s’éloigner des zones habitées.

Avec notre correspondant de retour de Bayanga, Rolf Steve Domia-leu
Dans une ferme familiale à proximité de Bayanga, dans le sud-ouest de la Centrafrique, Ruffin montre une tombe vandalisée : celle de son père. Les trafiquants ont brisé la dalle, avant de récupérer plusieurs ossements. « On a découvert cela un matin, en venant au champ, raconte-t-il. Ils ont cassé les bois du cercueil et ont pris tout ce qui était à l’intérieur. Ils ont pris tous les ossements de notre père. C’est un double deuil, car jusque-là, on n’arrive pas à retrouver leurs traces ».
À Bayanga, selon les autorités locales, les enlèvements liés au trafic d’organes sont fréquents. Dans cette ville où 80% des habitants vivent de l’agriculture, la peur gagne les populations qui hésitent désormais à s’éloigner du village ou à se rendre seules dans les plantations.
« Plusieurs habitants disparaissent sans laisser de trace »
Roseline, une habitante de Bayanga, lâche : « Nous avons peur d’aller seuls dans les champs. Certains préfèrent attendre d’être accompagnés, parce qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver. Plusieurs habitants disparaissent sans laisser de trace, dans des circonstances difficiles à expliquer. Ça nous fait peur. »
Derrière ces récits se mêlent plusieurs explications : croyances occultes, recherche d’argent ou encore criminalité organisée. « Les forces de sécurité intérieure ne couvrent pas toute la localité, déplore Roseline. C’est pourquoi les bandits en profitent pour commettre leur forfait. Il y a de l’insécurité autour de la ville. Nous demandons que les autorités prennent cette situation au sérieux ».
À Bayanga, une vingtaine de cas de disparition ou de tombes vandalisées ont déjà été recensés cette année par les autorités. Au moins huit trafiquants ont été jugés et condamnés.
À lire aussi




