Ebola en RDC: avec près de 5000 cas, l’épidémie est «loin d’être maîtrisée», alerte l’OMS
- jeunepatriotes49

- 19 août
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L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est « loin d’être maîtrisée », a alerté mardi 18 août 2026 Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lors de la deuxième réunion du Comité d’urgence convoqué depuis la déclaration de l’épidémie en mai dernier. Alors que la rentrée scolaire approche, les autorités congolaises préparent des mesures spécifiques dans les six provinces touchées, sans toutefois envisager de reporter la reprise des cours.

« Il y a trois mois, j’ai déclaré que l’épidémie de la maladie à virus Bundibugyo constituait une urgence de santé publique de portée internationale. Depuis lors, l’épidémie s’est propagée rapidement et le risque d’une propagation nationale et internationale plus importante reste élevé », explique Tedros Adhanom Ghebreyesus dans son allocution liminaire.
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle les chiffres : « Près de 5 000 personnes ont désormais été infectées et plus de 2 300 sont décédées dans six provinces et 55 zones de santé ». Lundi, cette épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est devenue la plus meurtrière dans l’histoire du pays.
Parmi les préoccupations de l’OMS : le lieu où les personnes décèdent, « en dehors des centres de traitement et hors des listes connues de contacts », concède Tedros Adhanom Ghebreyesus. Alors que le risque de propagation ne s’arrête pas aux frontières de la République démocratique du Congo, l’OMS mise notamment sur une surveillance communautaire accrue afin d’améliorer « la confiance et l’appropriation des interventions ».
Depuis, un nouveau cap a été franchi : le pays compte désormais plus de 5 000 cas confirmés et près de 2 400 morts. Environ 90 % des cas sont recensés dans la province de l’Ituri, principal foyer de l’épidémie.
Une rentrée scolaire adaptée dans les zones touchées
À deux semaines de la rentrée des classes, les autorités congolaises préparent également des mesures spécifiques dans les six provinces touchées par la souche Bundibugyo. Selon le gouvernement, 40 % des écoles de ces provinces se trouvent dans des territoires et des villes enregistrant des cas d’Ebola, dont 13 % dans des zones à haut risque.
Pas question toutefois de reporter la rentrée, rapporte notre correspondant à Kinshasa Pascal Mulegwa. Pour les élèves les plus exposés, la ministre de l'Éducation nationale Raissa Malu prévoit un enseignement à distance sans internet, reposant sur des supports pédagogiques distribués aux enfants et des émissions de radio. « L'objectif, c'est de maintenir l'enfant en activité à la maison », précise la ministre. Le dispositif doit être maintenu jusqu’à la baisse des contaminations. Dans les écoles proches des zones touchées, les autorités misent sur le renforcement des mesures d’hygiène.
Une riposte renforcée, mais encore insuffisante
Pour l’OMS, des efforts restent nécessaires pour mieux contenir l’épidémie. Tedros Adhanom Ghebreyesus appelle notamment à « un partage plus rapide des données, un financement durable, des garanties accrues de sécurité, ainsi qu’une coordination transfrontalière plus solide ».
Un constat que nuance le gouvernement congolais. Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, rappelle que les 55 zones de santé touchées représentent environ 8 % des zones de santé du pays. « La riposte, elle est robuste, sauf que le virus est beaucoup plus contagieux », affirme-t-il.
En parallèle, la recherche progresse. « Pour la première fois, deux vaccins spécifiquement conçus contre le virus Bundibugyo sont entrés en phase d’essai chez l’être humain », selon le directeur général de l’OMS. L’essai clinique international Partners, parrainé par l’organisation, inclut désormais 100 patients.




