Ebola en RDC: derrière les millions annoncés pour la riposte, le défi de coordonner les financements
- jeunepatriotes49

- 13 août
- 3 min de lecture
En République démocratique du Congo (RDC), le coût prévu de la riposte à Ebola change fortement d’échelle. Prévu pour une durée de trois mois, le premier plan national avait été budgété à 240 millions de dollars. Non finalisé encore, le nouveau plan présenté par le gouvernement qui doit financer non seulement la lutte contre le virus, mais aussi la continuité des services essentiels de santé, atteint, lui, désormais, 940 millions de dollars, selon Anne Ancia, représentante de l’OMS en RDC. Dans le même temps, plusieurs bailleurs internationaux annoncent des centaines de millions de dollars qui ne passent pas tous par les mêmes circuits.

Face à cette situation, la République démocratique du Congo (RDC) demande davantage de coordination et souhaite gérer directement une part plus importante des financements extérieurs. Le problème peut se résumer ainsi : tout l’argent de la riposte n’arrive pas dans une caisse commune.
Du côté des États-Unis, Washington a annoncé 242 millions de dollars supplémentaires, portant à 512 millions ses engagements pour la réponse directe à Ebola et la préparation. Ces nouveaux fonds doivent financer jusqu’à six mois d’activités, notamment la surveillance, le suivi des contacts, les diagnostics et les traitements. Mais l’OMS précise que cet argent ne transite pas par elle. Washington utilise ses propres mécanismes et ses propres opérateurs, ce qui empêche l’organisation d’en détailler la distribution.
Kinshasa veut éviter la fragmentation
C’est cette fragmentation que Kinshasa veut mieux encadrer. Le ministre congolais de la Santé défend « un seul plan, un seul budget, une seule coordination » et indique que le président Tshisekedi a demandé une cartographie des donateurs et de leurs activités.
Selon Anne Ancia, le gouvernement estime recevoir très peu de financements extérieurs directement et souhaite notamment payer lui-même médecins et infirmiers. Avec un plan national désormais à 940 millions de dollars, l’enjeu est donc double : mobiliser les ressources, mais aussi savoir qui finance quoi, qui dépense quoi et par quel circuit.
L'OMS se donne trois mois pour endiguer la hausse de l'épidémie d'Ebola
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) se donne trois mois pour inverser la tendance à la hausse de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et six mois pour l'interrompre. C'est le scénario idéal présenté mardi 12 août par l'organisation au cours d'une réunion. Mais l'une des difficultés réside dans le fait que l’épidémie n’évolue pas au même rythme dans toutes les zones touchées, dans la province de l'Ituri, par exemple.
L'épidémie actuelle se propage plus rapidement que toutes les épidémies précédentes. « Dans chaque région, que ce soit dans le centre de l’Ituri, à Bunia ou à Rwampara, nous n’avons pas encore atteint le pic. Dans les zones où elle a commencé plus tôt, comme à Mongbwalu il y a cinq mois, voire six ou sept mois, nous observons maintenant une baisse. Le taux d’occupation des lits y est actuellement d’environ 20 % à 30 %. Mais tant que nous n’aurons pas maîtrisé le foyer de Bunia et du Grand Bunia, nous continuerons à voir des vagues successives », explique Abdurahman Mahamud, directeur des opérations d’alerte et de riposte aux urgences sanitaires à l’OMS.
« Pour l’instant, en matière de planification, sous la direction du gouvernement, nous travaillons sur un horizon de six mois. Mais nous savons qu’il s’agit du scénario modéré. Dans le scénario le plus défavorable, cette épidémie pourrait durer de neuf à douze mois. Nous faisons tout notre possible pour réduire ce délai et l'interrompre dans les six prochains mois. »
« Cela dit, il s’agit d’une épidémie extrêmement dynamique et, comme l’a dit le directeur général, si nous n’avons pas les communautés avec nous, nous aurons des difficultés. La précédente épidémie qui s’est déroulée dans un contexte d’insécurité a duré plus de deux ans. Nous ne voulons pas que cela se reproduise. Sous la direction du gouvernement, nous faisons tout notre possible pour réduire cette durée et, nous l’espérons, y parvenir dans les six prochains mois. »




