L'activiste guinéen Bella Bah condamné à six mois de prison, dont cinq avec sursis
- jeunepatriotes49

- 18 août
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Dernière mise à jour : il y a 7 jours
À Conakry, le procès de l’activiste Bella Bah, qui l’oppose au premier imam de la grande mosquée Fayçal, El-hadj Mamadou Saliou Camara, a connu son épilogue ce mercredi matin en première instance. Abdouramane Bella Bah a été condamné à 6 mois de prison, dont 5 assortis de sursis, et à une lourde amende. Inculpé et écroué depuis le 13 août, il était avant cela porté disparu depuis le 8 août 2026

Avec notre correspondant à Conakry,
Le verdict est tombé ce mercredi à Conakry dans le procès de l’activiste et acteur de l’éducation Abdourahmane Bella Bah. Le tribunal de première instance de Dixinn l’a condamné à six mois de prison, dont cinq avec sursis, ainsi qu’à une amende de 40 millions de francs guinéens (soit environ 4 000 euros).
Le tribunal a également ordonné la suppression du compte Facebook de Bella Bah, à l’origine des publications qui lui valaient des poursuites pour injures et diffamation par le biais d’un système informatique.
Une peine moins lourde que celle réclamée par le parquet. Lundi, le ministère public avait requis un an de prison ferme contre l’activiste. La défense avait, elle, plaidé la relaxe, ou à défaut l’application de larges circonstances atténuantes.
À la barre, Bella Bah avait reconnu certains de ses écrits, tout en contestant avoir directement visé le premier imam de la Grande Mosquée de Conakry, El-hadj Mamadou Saliou Camara. Il avait également exprimé ses regrets et assuré qu’il ne recommencerait pas.
« Le tribunal a eu la main lourde »
Une erreur que les défenseurs des droits de l’homme ont demandé à tenir en compte pour réduire le montant de la réparation. Kaaly Diallo, membre de la Coordination des organisations de défense des droits humains, considère que le tribunal « a eu la main lourde ». « C’est un jeune qui aime son pays, c’est un patriote qui est en train de se battre. Peut-être aussi que c’est une autre expérience de la vie en tant que citoyen engagé dans sa lutte pour la démocratisation de notre pays. »
Le plaignant lui-même avait pourtant appelé à l’apaisement avant le verdict. El-Hadj Mamadou Saliou Camara avait publiquement pardonné à l’activiste et demandé sa libération. « Celui qui a tenu ces propos est mon fils », avait déclaré le premier imam, avant d’appeler les autorités à la clémence.
À la sortie du tribunal, la défense n’a pas exclu de faire appel. L’avocat de Bella Bah, Me Alseny Aïssata Diallo, a indiqué vouloir d’abord se concerter avec son client. « Est-ce qu’il faut faire appel ou pas de cette décision ? Nous allons nous concerter avec notre client et, le moment venu, on vous reviendra pour la décision finale relative à l’appel ou non. »
L’affaire avait suscité de nombreuses réactions en Guinée, notamment autour des conditions de l’interpellation de Bella Bah à Conakry. L’activiste avait été arrêté sans mandat dans son établissement scolaire par des hommes cagoulés en uniforme, puis porté disparu pendant près d’une semaine avant d’être formellement placé sous mandat de dépôt.
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