La RDC, plus grande réserve de terres arables du continent africain
- jeunepatriotes49

- il y a 23 heures
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Qui seront les grandes puissances agricoles demain sur la planète ? RFI se fait l'écho cette semaine d'une série d'études publiées par le rapport Demeter 2026, rapport annuel qui se penche sur les dynamiques alimentaires mondiales. Focus aujourd'hui sur la République démocratique du Congo, riche de 80 millions d'hectares de terres arables, soit l'équivalent du tiers du pays, un chiffre qui fait rêver mais qui reste très théorique.

Seulement 10 % des terres du pays sont valorisées selon Alain Pholo Bala, économiste au Service Public Fédéral Finances de Belgique et chercheur associé à l'Université de Johannesburg. La RDC reste donc très dépendante des importations, et ce même si le maraîchage est en plein « boom », relève Apollinaire Biloso Moyene, professeur en sciences agronomiques et ingénierie biologique à l'université de Kinshasa, qui cite notamment les cultures de chou, radis et carottes à l'Est du pays, et même si l'agriculture vivrière permet la production de manioc, maïs, pommes de terre, riz ou encore banane plantain et arachides.
Le frein principal à l'essor du secteur est le manque d'infrastructures routières, les dessertes agricoles construites avant l'indépendance s'étant dégradées, faute d'entretien et d'investissement, selon Alain Pholo Bala.
Le potentiel des cultures de rente
Les cultures de rente ne sont, par ailleurs, pas à la hauteur de ce qu'elles pourraient être. À titre d'exemple, la production de café n'est « qu'un fragment de ce qu'elle a été dans les années 1980-1990 » selon un acteur local de la filière. Idem pour l'huile de palme : avant 1950, le pays en était un des premiers exportateurs mondiaux. L'ambition affichée reste néanmoins celle d'un secteur prioritaire. Le gouvernement rêve notamment d'augmenter la production de cacao.
L'agriculture est un levier qui permet de toucher 70 % de la population qui vit en zone rurale, rappellent nos interlocuteurs qui pointent là un secteur potentiellement créateur de nombreux emplois, beaucoup plus que le secteur minier, sur lequel le pays a jusque-là misé « par facilité », relève Alain Pholo Bala, les mines attirant beaucoup plus d'investissements étrangers.
La mine au secours de l'agriculture ?
Peut-il y avoir des ponts entre les secteurs minier et agricole ? Pourquoi ne pas affecter une partie des recettes minières au développement du secteur agricole ? C'est ce que préconise Alain Pholo Bala.
Le pays a le potentiel d'être un « État pivot » sur le plan alimentaire, selon la terminologie employée par le rapport Demeter. Sur le papier, l'ONU estime que la RDC aurait la capacité de nourrir plus de deux milliards de personnes, soit bien plus que sa propre population, même si celle-ci est appelée à doubler d'ici à 2050.




