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Madagascar: les craintes de la population grandissent après l'assassasinat de deux jeunes filles

Les corps de deux adolescentes disparues vendredi ont été retrouvés dimanche à Ambohimanga Rova, à Madagascar. L'État promet 50 millions d'ariary (10 000 euros), pour retrouver les auteurs. Cette nouvelle affaire relance les craintes de la population seulement quelques semaines après la crise des dizaines d’enlèvements qui avait déjà secoué la capitale.


(Illustration) Un policier à Madagascar. AFP - RIJASOLO
(Illustration) Un policier à Madagascar. AFP - RIJASOLO

Avec notre correspondante à Antananarivo, Aurélie Kouman


Dans cette ruelle de Manjakaray, quartier populaire de la capitale de Madagascar, deux faire-part de décès sont accrochés aux murs. Les habitants affluent pour présenter leurs condoléances aux familles de Stéphanie Mikaella, 21 ans, et Haingotiana Vololoniaina, 17 ans.


Autour des faire-part, les voisins se recueillent en silence. Sur les visages, l'inquiétude se mêle à la tristesse.


Vendredi, les deux jeunes filles avaient quitté leur domicile pour aller au cinéma. Le soir venu, ne les voyant pas revenir, leurs proches s'inquiètent. Leurs corps ont été retrouvés sans vie, deux jours plus tard.


Ni la famille en deuil, ni la brigade criminelle en charge de l'enquête ne souhaitent s'exprimer auprès des médias pour le moment. Seul le chef de l'administration du quartier a accepté de témoigner. « On m'a appelé parce qu'on avait besoin du fokontany, on avait retrouvé les corps. Lorsque la police et la brigade criminelle sont arrivées, on a fait sortir toute la famille. J'ai assisté aux constatations. Les deux corps avaient été égorgés, avec des plaies de 20 centimètres sur la gorge, et présentaient de nombreuses marques de coups », raconte Ratsitoarivony Lala, chef fokontany de Manjakaray.


Pour le chef fokontany, l'événement est traumatisant pour toute la population du quartier de Manjakaray. Un mois après la crise des dizaines d’enlèvements qui avait déjà secoué la capitale et conduit à une journée de deuil national, ce nouveau drame relance les mêmes questions sur la capacité des autorités à protéger la population.

 
 
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