Mali: la détresse des déplacés de Kouakourou
- jeunepatriotes49

- 1 août
- 2 min de lecture
Au Mali, cela fait désormais deux semaines que les 5 000 habitants de Kouakourou, dans le centre du Mali, ont été contraints à la fuite. Après avoir pris le contrôle du camp militaire de la ville, les jihadistes du Jnim, liés à Al-Qaïda, ont ordonné à tous les habitants de partir. Certains se sont déplacés dans les villages alentour ou à Djenné. D'autres ont rejoint la capitale Bamako, ou encore Mopti, où les autorités locales les ont logés temporairement dans une école. C'est là que se trouve cet habitant de Kouakourou qui, joint par la rédaction en mandenkan et fulfulde de RFI, a accepté de témoigner.

« Lorsque nous sommes arrivés à Mopti, nous avons été installés dans une école. On nous a donné beaucoup de choses, explique ce déplacé de Kouakourou, avec reconnaissance : du riz, du thé, du sucre, de l'huile, du lait en poudre… Cette aide vient d'une personne qui ne souhaite pas être citée et la mairie organise les distributions. »
« Mais vivre dans une école n'est pas facile, déplore-t-il. Certains dorment dehors, dans la cour. Quand il pleut, nous sommes tous entassés dans les salles de classe. C'est très dur.
La nourriture ne manque pas, mais ce n'est pas une vie. Dans l'école, nous sommes plus de 400. »
Aujourd'hui, le village de Kouakourou est totalement déserté. Après l'ultimatum fixé par les jihadistes du Jnim, les habitants n'avaient pas d'autre choix. « Être obligé de quitter sa maison, d'abandonner tout ce qu'on a, c'est horrible, témoigne encore cet habitant déplacé. Ce que nous souhaitons plus que tout, c'est pouvoir rentrer chez nous. Certains sont partis avec les vêtements qu'ils portaient sur eux, et rien d'autre. Les terroristes ont même pris nos téléphones. En plus, quand cette tragédie est arrivée, nous étions en pleine préparation de la campagne agricole. Nous allons devoir faire une croix sur cette saison, et c'est très regrettable. »
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