Mali: à Bamako sous blocus jihadiste, les aliments ne manquent pas, les difficultés non plus
- jeunepatriotes49

- 12 mai
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Dernière mise à jour : 7 août
Les jihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans), liés à al-Qaida, ont décrété le 28 avril un blocus sur la capitale malienne, Bamako, qui concerne à la fois les passagers et les marchandises. Grâce aux « opérations de sécurisation » et aux patrouilles menées par l'armée malienne et ses partenaires russes de l'Africa Corps, ce blocus n'est pas hermétique. Les jihadistes du Jnim ont cependant incendié plusieurs dizaines de camions de marchandises ayant tenté de braver le blocus. Dans quelle mesure la population de la capitale est-elle affectée jusqu'ici ?

Par :ABDOULAYE MAMADOU
« Il est trop tôt pour remarquer des manques », témoigne un habitant de la capitale. Dans les boutiques et dans les marchés, selon les nombreux Bamakois joints par JEUNE PATRİOTES, les denrées alimentaires sont bien disponibles et les prix restent globalement stables. « Il y a quelques produits qui flambent », rapportent toutefois certains. « La viande a doublé, la Tabaski approche (l'Aïd el-kebir en Afrique de l'Ouest, NDLR) et les moutons sont inabordables car il est devenu impossible de les faire entrer dans Bamako », s'alarme un chef de famille, qui qualifie d'« inhumain » le blocus imposé par les jihadistes sur la capitale du Mali.
Pain et carburant
Certains habitants – pas tous – rapportent un manque de farine et donc de pain. Le ministère de l'Industrie a même convoqué, lundi 11 mai, les acteurs de la filière « dans un contexte marqué par des tensions sur les approvisionnements », selon le communiqué officiel, afin de garantir que les prix de la farine et du pain n'augmenteraient pas.
Après l'arrivée d'un convoi de citernes sous escorte militaire, dimanche, l'essence est disponible dans les stations mais le gasoil manque toujours, suscitant de longues files d'attentes.
Electricité et eau
Depuis le week-end du 9-10 mai, de nombreux habitants de la capitale témoignent de coupures d'électricité très longues, atteignant 48 voire 72 heures de suite. La fourniture d'eau est également devenue problématique, en raison des délestages. Les personnes interrogées ignorent si ces problèmes sont dus aux difficultés d'approvisionnement en carburant ou à la destruction d'infrastructures électriques par les jihadistes du Jnim. En tout état de cause, leur quotidien n'en est que plus pénible, et leurs activités ralenties.
Autocars et Tabaski
Les déplacements sont aussi compliqués désormais. Exemple avec ces deux Bamakois qui devaient, pour leur travail, se rendre à Ségou pour l'un et à Kayes pour l'autre : ils y ont renoncé à cause « de la situation », expliquent ils avec un euphémisme pudique. Depuis une dizaine de jours, des centaines de véhicules ont été bloqués par les jihadistes avant d'arriver à Bamako.
Lors du dernier week-end, une dizaine d'autocars ont été incendiés entre Ségou et la capitale. Depuis, les compagnies de transport sont nombreuses à ne plus vendre de billets, sans pour autant communiquer officiellement sur la suspension de leurs lignes. « Ceux qui envisageaient d'aller fêter la Tabaski au village révisent leurs plans », confie un Bamakois.
L'atmosphère en ville s'en ressent : « ça va dans l'ensemble, mais les affaires ne marchent pas », déplore un habitant. « Tout le monde est inquiet », décrit un autre. Un troisième résume : c'est « un mélange d'inquiétude, de confusion et de fatigue. »
Mali: face au blocus décrété par les jihadistes, la pression s'accroit sur les habitants de Bamako
Décrété le 30 avril par les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), le blocus de la capitale malienne commence à avoir des effets concrets : chaque jour, rejoindre Bamako depuis l'intérieur du Mali devient de plus en plus compliqué, notamment dans l'ouest où plusieurs grands axes permettant d'assurer les liaisons avec la ville sont bloqués.

Par :JEUNE PATRİOTES
Avec notre correspondant régional, Franck maurice
Au Mali, le blocus décrété contre la capitale, Bamako, le 30 avril par les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) à la suite de leur offensive contre plusieurs villes du pays en coordination avec les rebelles indépendantistes du Front de libération de l'Azawad (FLA) commence à produire quelques effets sur les six principaux axes routiers qui relient la ville au reste du pays.
Si quitter la capitale malienne ne semble pas poser problème, les véhicules qui souhaitent la rejoindre en provenance de l’intérieur sont, en revanche, de plus en plus souvent bloqués par les jihadistes comme sur la route entre Kita et Bamako, totalement obstruée.
Ce mercredi 6 mai, plusieurs centaines de voyageurs sont ainsi restés coincés à Kita où des milliers de passagers sont abandonnés à leur sort si bien que, sur place, la solidarité s'organise pour permettre à chacun d’étancher sa soif ou de se restaurer.
Toujours dans l’ouest, entre Kayes et Bamako, des centaines de véhicules et des marchandises sont là aussi bloqués, dans une région qui partage une frontière avec le Sénégal. Alors que certains commerçants sont désormais contraints de brader leurs produits, un transporteur international a quant à lui décidé de suspendre ses livraisons au départ de Dakar et d'Abidjan et à destination de Bamako, selon un communiqué officiel.
Selon plusieurs témoins, les jihadistes armés qui bloquent les routes sont très jeunes et parfois très peu nombreux - pas plus de deux ou trois par localité. De son côté, le gouvernement tente, lui, de rassurer les populations. « Il faut des actes non des paroles », s'agace toutefois un élu élu du centre du pays.
Mali: le blocus des jihadistes du Jnim s'installe peu à peu autour de Bamako
Au Mali, le groupe jihadiste du JNIM met à exécution sa menace de placer Bamako sous blocus, après les attaques jihadistes et rebelles sans précédent qui ont frappé le cœur du régime à Kati, près de Bamako, où le ministre de la Défense a été tué. Des revers ont été enregistrés aussi à l’intérieur du pays, où l’armée a perdu le contrôle de plusieurs villes stratégiques au profit des rebelles.

Par :JEUNE PATRİOTES
Désormais, l’étau se resserre autour de la capitale. Depuis mercredi, plusieurs axes routiers sont coupés ou fortement perturbés.
À l’ouest, sur l’axe Bamako-Kéniéba, la route est bloquée. À Sorybougou, à moins de 80 kilomètres de Bamako, des centaines de véhicules sont immobilisés, camions, cars, voitures particulières. À bord, des passagers épuisés, coincés depuis des heures.
Un chauffeur témoigne : « Ils nous ont arrêtés ici, à Sorybougou. Ils disent qu’aucun véhicule ne peut partir en direction de Bamako. Nous sommes toujours sur place : il y a des cars et beaucoup d’autres véhicules, des poids lourds, ainsi que des camions transportant du charbon de bois. Il y a plus de 1 000 véhicules ici. Parmi eux, au moins 80 cars de voyageurs. Les passagers sont nombreux, dispersés dans la forêt. Ils n’ont même pas d’eau à boire. Ils n’ont agressé personne, ils ont juste coupé la route. Même les motos ne passent pas. Les véhicules qui viennent de Bamako peuvent passer, mais ceux qui veulent entrer à Bamako, c’est impossible. »




