Sénégal: l'élection d'Ousmane Sonko à la présidence de l'Assemblée ouvre une période d’incertitude politique
- jeunepatriotes49

- 25 mai
- 2 min de lecture
Au Sénégal, l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale à 132 voix sur 133 exprimées, mardi 26 mai, malgré un boycott de l’opposition et quatre jours à peine après avoir été limogé par le président Bassirou Diomaye Faye. Ce retour en force en tant que deuxième personnage de l’État annonce une période d’incertitude politique, alors que le pays est dans l’attente d’un nouveau gouvernement.

Par : Jeune Patriote
Avec notre correspondante à Dakar, Mamadou Diallo
« Un limogeage n’est pas synonyme de déshonneur politique », a d’emblée assuré Ousmane Sonko mardi, se prévalant d’une « légitimité populaire » et martelant qu'« aucune fonction n’épuise la légitimité populaire ». Combatif à son habitude, il aura fallu moins de quatre jours à l’ex-Premier ministre pour rebondir et revenir en force à la tête du pouvoir législatif.
Dans un discours qui s’est voulu comme une main tendue vers l’exécutif, Ousmane Sonko a assuré qu’il n’y aurait pas de « blocage », pas de « vendetta personnelle » ni de « chaos institutionnel », mais un « contrôle strict de l’action gouvernementale » et la possibilité d’utiliser « tous les leviers de contre-pouvoir » à sa disposition en cas de désaccord.
Une cohabitation « inédite »
Ousmane Sonko dessine ainsi les contours d’une cohabitation qui se veut constructive et « inédite », analyse le politologue Ellimane Haby Kane à la tête du groupe de réflexion Legs Africa selon lequel Ousmane Sonko « met les manières » mais veut en réalité « contrôler l’exécutif ».
Pour preuve, le reproche fait au président Bassirou Diomaye Faye que le Pastef n’ait pas été consulté sur la nomination du Premier ministre et du futur gouvernement. Et « le bras de fer va se poursuivre », assure l'analyste. Le professeur de sciences politique à l’université Gaston Berger de St louis Moussa Diaw, lui, parle « de collaboration avec des conditions » entre Ousmane Sonko et son ancien bras droit, Bassirou Diomaye Faye, « qui va être compliquée à accepter pour le président et qui ouvre une période d’incertitude » pour le Sénégal.
Dès mardi soir, un communiqué du Pastef faisait état de certaines prises de contact avec des membres du parti par la présidence en vue de la formation d'un gouvernement avant de poser des conditions à sa participation : la fidélité au programme du Pastef, la clarification de la stratégie de gestion de la dette publique et, entre autres choses, l’obligation de parler aux instances du Parti plutôt qu’individuellement avec des militants.
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