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Sénégal: pourquoi les investissements directs étrangers s'effondrent-ils?

Au Sénégal, entre 2020 et 2024, les investissements directs étrangers (IDE), qui sont un bon indicateur de l'attractivité à l'international, étaient en moyenne aux alentours de 3 milliards de dollars par an. En 2025, ces investissements sont retombés à 37 millions de dollars selon le rapport annuel de la Cnuced. Pourquoi un tel effondrement ? Est-ce inquiétant ?


Vue d'ensemble du bâtiment de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) à Dakar, le 23 janvier 2025
Vue d'ensemble du bâtiment de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) à Dakar, le 23 janvier 2025

Une première explication est que les grands projets pétroliers et gaziers de Sangomar et de Grand Tortue ont débuté leurs productions en 2025. Les investissements massifs réalisés par les opérateurs étrangers – le Britannique BP et l'Australien Woodside – se sont donc arrêtés, puisque les dépenses de construction, d'équipements et d'infrastructure avaient été faites les années précédentes. Elles avaient d'ailleurs considérablement fait gonfler ces chiffres d'IDE.


L'Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX) cherche à éteindre l'incendie. Elle estime qu'il n'y a pas de « rupture d'attractivité mais le passage d’un régime de réception de capitaux à un régime de production de revenus ». Il ne s'agit pourtant pas de la seule explication. 


L'économiste sénégalais Meissa Babou assure que « les investisseurs sont plus craintifs ». L'approche souverainiste du nouveau pouvoir, avec notamment les renégociations de contrats, l'endettement colossal : « le Sénégal est devenu un pays à risque », assure un financier. 


Les investisseurs ralentissent sur les projets en attendant des signaux positifs et notamment la reprise du programme du Fonds monétaire international, toujours suspendu.



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