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Sénégal: six mois après la mort d'Abdoulaye Ba, les étudiants exigent des réponses

Au Sénégal, c’est une date douloureuse pour l’université Cheikh-Anta-Diop (UCAD) de Dakar. Ce dimanche 9 août, cela fait six mois jour pour jour qu’Abdoulaye Ba, un étudiant en médecine de 20 ans, est mort au cours de manifestations pour réclamer le paiement des bourses. Elles avaient été réprimées par les forces de l’ordre. Six mois après, la communauté étudiante se souvient avec émotion du jeune homme et exige des réponses.


Parvis de l'université Cheikh-Anta-Diop à Dakar.
Parvis de l'université Cheikh-Anta-Diop à Dakar.

Avec notre correspondante à Dakar,


À l’université, place du Bois Sacré, le calme du mois d’août tranche avec le souvenir du chaos du 9 février. Ce jour-là, les forces de l’ordre franchissent les portes du campus social jusqu’à réprimer les étudiants dans leurs chambres.


C’est dans l’une d’entre elles, pavillon F, que se trouve Abdoulaye Ba avant sa mort. Depuis, la même question revient chez Serigne, un étudiant en droit : « Qui est responsable ? On parle de la mort d'un étudiant, quelqu'un qui devait devenir d'ici quelques années un docteur. Il a été torturé et jusqu'à maintenant, il n'y a pas encore justice. »


Pour ce jeune Sénégalais, les autorités ont le devoir d’être aux côtés des étudiants, comme elles l’ont été à l’époque où elles faisaient partie de l’opposition. « Ils avaient promis aux étudiants que, quand ils viendraient, ils feraient réajuster leurs conditions de vie. Quand ils sont venus, c'est tout le contraire. Ils sont en train de restreindre, de bouleverser même les libertés des étudiants. Je pense qu'ils doivent revoir, par exemple, leur vision politique parce que nous ne sommes pas les ennemis de l'État », ajoute-t-il.


La sensation de ne pas être protégé


Étudiants blessés, traumatisés, abandon de cursus… Sur le campus, la journée du 9 février a laissé des traces et, pour Pape Richard, la sensation de ne pas être protégé. « Quand on voit qu'Abdoulaye Ba a été victime, cela fait penser aux étudiants : est-ce qu'ils ne seront pas les prochains ? Ce n'est pas le seul et unique cas qui s'est produit, ce genre de situations répétitives de mettre les étudiants dans un état d'inconfort, psychologiquement parlant », explique l'étudiant en droit.


Six mois après le drame, les Sénégalais attendent toujours de connaître les conclusions de l’enquête sur la mort d’Abdoulaye Ba. Quelques jours après son décès, le procureur de Dakar avait expliqué ce drame par une chute mortelle du troisième étage de l'immeuble où il se trouvait. Une explication jugée incohérente par une partie des étudiants, qui assurent que leur camarade a été violenté par des policiers.

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