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Gabon: le gouvernement radie plus de 1000 employés absents de la fonction publique

23 sept.
2 min de lecture

Au Gabon, c’est une grande première dans l’administration publique. Vendredi 18 septembre, le conseil des ministres réuni à Port-Gentil, la capitale économique, a décidé de radier 1 473 agents de la fonction publique. La plupart d'entre eux ne s'étaient pas présentés à leur poste depuis des mois, voire des années, et vivaient à l'étranger.


Une vue de Libreville, le 17 avril 2025. AFP -
Une vue de Libreville, le 17 avril 2025. AFP -

Avec notre correspondant à Libreville, Yves-Laurent Goma


Tous percevaient un salaire chaque mois, sans travailler, ni se présenter à leur poste. Beaucoup résident hors du pays, selon les conclusions d’un recensement organisé en 2024 et dont les détails ont été rendus publics mardi 22 septembre par le ministre de la Fonction publique.


Laurence Ndong, ministre gabonaise de la Communication et des médias, rappelle que le recensement qui a épinglé les 1 473 agents a été organisé par les militaires un an après le coup d’État qui a mis fin au régime des Bongo. La présence de chaque agent était obligatoire pour cette opération. Mais plusieurs Gabonais sont donc revenus d’urgence au pays pour remplir les formalités. Certains résidaient à l’étranger, en France notamment, depuis 15 ou 20 ans, parfois plus.


Le statut général de la fonction publique prévoit que la radiation est prononcée après trois mois d’absence non justifiée. « Pour certains d’entre eux, nous n’avons aucune nouvelle et donc, le délai de trois mois étant dépassé, ils ont été révoqués », affirme Laurence Ndong.


Et pour les démasqués qui ont été pris d’un coup de panique, « nous avons les dates exactes de leur entrée sur le territoire, après qu’ils aient entendu parler du recensement, et on a aussi les dates de sortie du territoire pour repartir dans leur lieu d’habitation », développe la porte-parole.


En cas de désaccord, les fonctionnaires concernés peuvent saisir le Conseil d'État. Mais si le conseil confirme la radiation, il peut aussi traduire le fonctionnaire radié devant le tribunal. Pour le moment, le gouvernement se félicite des économies à venir. « Cette opération a surtout permis à l’État gabonais de faire 11 milliards de francs CFA d’économies, donc c’est une opération qui est gagnante », se targue la ministre.


Le gouvernement menace de poursuivre en justice les responsables administratifs qui ont aidé ces agents à flouer l’État.

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