Guinée: l’accès à une eau potable peu couteuse perturbée par l’interdiction des sacs plastiques à usage unique
En Guinée, l’interdiction des sacs plastiques à usage unique décrétée il y a deux ans est entrée en vigueur le 20 septembre, avec l’objectif de lutter contre la prolifération des déchets. Mais, parmi les produits interdits, il y a le petit sachet de 40 cl qui permettait à l’essentiel de la population de boire de l’eau plutôt saine pour un prix modique. Depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction, les consommateurs qui en ont les moyens se sont rués sur les bouteilles, provoquant pénurie et explosion des prix. La population, et en particulier les plus pauvres, s’inquiète de n’avoir plus accès à de l’eau potable.

Avec notre correspondant à Conakry,
L’eau a disparu de la plupart des boutiques de Conakry. Dans le quartier de Kipé, Mamadou Diallo fait le tour des petits commerces et perd patience : « Je suis venu au restaurant pour manger, j'y demande de l’eau, on me dit : "Non, il n’y a pas d’eau". Alors, je dis de ne pas me servir à manger, je vais d’abord chercher de l’eau. Je suis sorti, j’ai fait au moins cinq boutiques, alignées au niveau du carrefour de Kipé. Il n’y a pas d’eau. Alors, je vais continuer jusqu’au niveau des essenceries qui sont là pour voir si je peux y trouver de l’eau. Si je ne trouve pas d’eau, ce sera très difficile pour moi de manger. Ou bien je remplacerai l’eau par du jus, si c’est disponible ».
« Je suis obligé de boire l’eau du robinet mais elle n’est pas saine »
Devant une boutique, Ousmane Camara désespère. Le sachet d’eau était la seule source d’eau potable de ce jeune sans emploi : « Moi, je n’ai pas d’argent. J’achetais des petits sachets, ça m’arrangeait bien, parce que ce n’était pas cher. Maintenant il n’y a plus de sachets, et je n’ai pas les moyens d’acheter des bouteilles, c’est trop cher pour moi. Donc, je suis obligé de boire l’eau du robinet. Mais l’eau du robinet n’est pas saine. Je suis tombé malade, j’ai attrapé la diarrhée il y a quelques jours, j’ai dû aller à l’hôpital. Il faut que le gouvernement autorise de nouveau les sachets. »
Un médecin dit craindre qu’à cette crise de l’accès à l’eau s’ajoute une crise sanitaire. Il s’alarme notamment pour les bébés et les plus fragiles pour qui une grave diarrhée peut causer la mort.
Demande de moratoire
L’Union pour la défense des consommateurs de Guinée appelle à un moratoire d’un an sur l’interdiction des sachets d’eau, le temps de trouver des alternatives viables.





