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Nouveau gouvernement au Sénégal: le Pastef pose ses conditions

Le Sénégal a un nouveau Premier ministre, un nouveau président du Parlement, mais toujours pas de gouvernement. Après la nomination d’Ahmadou al Aminou Mohamed Lo lundi 25 mai dans la soirée, les tractations sont en cours mais le parti au pouvoir conditionne sa participation. 

L'ancien Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko (à gauche) et le président Bassirou Diomaye Faye (à droite) au palais présidentiel de Dakar, le 16 octobre 2025. © Mozart LUMBALA /JP
L'ancien Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko (à gauche) et le président Bassirou Diomaye Faye (à droite) au palais présidentiel de Dakar, le 16 octobre 2025. © Mozart LUMBALA /JP

Avec notre correspondante à Dakar, Nathalie garnier

Parmi les questions : des figures Pastef feront-elles partie de la nouvelle équipe après les tensions de ces derniers mois entre le président Bassirou Diomaye Faye et son parti ? Mardi dans la soirée, le parti au pouvoir a posé des conditions à sa participation au futur gouvernement.

Quelques heures à peine après qu’Ousmane Sonko s'est plaint à la tribune de l’Assemblée nationale que son parti, le Pastef, n’ait pas été consulté sur la nouvelle équipe gouvernementale, le Comité exécutif de la formation politique a confirmé dans un communiqué avoir été approché par la présidence de la République en vue de la formation d’un nouveau gouvernement.

Le Pastef, qui se dit disponible pour une collaboration « franche et responsable », pose des conditions à sa participation. La fidélité au programme du Pastef d’un côté, mais également l’engagement de ne pas restructurer la dette du Sénégal. Tout du moins, les cadres du parti demandent un consensus fort sur cette question, comme l’a rappelé Ousmane Sonko mardi, alors qu’il venait d’être investi président de l’Assemblée nationale.

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La promesse de poursuivre les renégociations des contrats stratégiques est également une variable de la participation, tout comme la lutte contre la corruption ou le contrôle les fonds opaques. Enfin, le parti souhaite avoir son mot à dire sur « la répartition des portefeuilles ministériels ».


Le parti au pouvoir oppose également son véto à ce que des figures du Pastef soient approchées individuellement. « On négocie en bloc, et on rejoint en bloc le gouvernement », explique Ansoumana Sambou, membre du Comité exécutif du Pastef, car il en va « de l’image du parti et de son programme. » Selon lui, « il ne s'agit pas de forcément s’entendre sur tout, mais au moins sur l’esprit », car Bassirou Diomaye Faye est désormais « un militant dissident, nous ne sommes plus sur la même ligne politique, en tout cas pas intégralement  ».


Le président contraint par son propre parti


« Le ton est donné pour la suite de la collaboration entre Diomaye et Sonko », analyse, de son côté, Elimane Haby Kane, du think tank Legs Africa. Collaborer, oui, mais aux conditions posées par le chef du parti, Ousmane Sonko, « qui veut garder le contrôle », poursuit l’analyste.

Ce qui risque de compliquer les consultations pour Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre fraîchement nommé, Ahmadou al Aminou Mohamed Lo. À peine libéré de son encombrant chef du gouvernement, voilà le président sénégalais contraint par son propre parti.

Et Bassirou Diomaye Faye doit faire vite pour rassurer les bailleurs de fonds internationaux et les investisseurs. La crise politique au sommet de l’État a déjà des répercussions financières. La destitution du chef du gouvernement a suscité l’inquiétude des marchés financiers qui anticipent une dépréciation de 15 % sur les obligations du Sénégal. Par ailleurs, le pays fait de nouveau face à des échéances importantes de remboursement du service de sa dette fixées à juin. Une délégation du Fonds monétaire international (FMI) se rendra à Dakar la semaine du 8 juin.




 
 
 

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