RDC: l’arrêt des admissions à la prison surpeuplée de Makala est «une première étape»
Le gouvernement de la RDC a annoncé la fin des admissions à la prison centrale de Makala à Kinshasa, alors que les conditions de détention y sont jugées de plus en plus critiques en raison du nombre croissant de détenus : plus de 16 000 y sont détenus pour une capacité initiale de 1 500 places. Pour Mia Tshimanga, coordinatrice Projet détention chez Avocats sans frontières, cette annonce va dans le bon sens. Mais « se limiter à cette première étape risquerait de déplacer le problème ailleurs, notamment dans les cachots des commissariats », prévient-elle.

La prison de Makala à Kinshasa ne va plus accueillir de nouveaux prisonniers : face à une surpopulation carcérale extrême dans l’établissement, le gouvernement de la RDC vient de prendre cette décision.
Par une circulaire, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux interdit en effet désormais l'admission de tout nouveau détenu.
« Plus de 1 000 % de la capacité d'accueil initiale »
La surpopulation de Makala est un problème régulier, comme l’explique Mia Tshimanga, coordinatrice Projet détention chez Avocats sans frontières, basée à Kinshasa.
« La prison de Makala est une prison qui a été construite il y a plus de 70 ans pour accueillir 1 500 détenus, explique-t-elle à notre correspondante à Kinshasa, Paulina Zidi. Il y a dix ans, on comptait près de 10 000 détenus et cela paraissait déjà inimaginable. Aujourd'hui, on compte plus de 16 000 détenus à la prison centrale de Makala, ce qui représente plus de 1 000 % de sa capacité d'accueil initiale ».
« Plus de 70 % sont là pour des détentions préventives »
Elle poursuit : « Parmi ces 16 000 détenus, il y a plus de 70 % qui sont là pour des détentions préventives. Donc, ils n'ont pas encore été jugés et sont majoritairement en situation de détention illégale, et parfois poursuivis pour des faits bénins. »
Mia Tshimanga conclut : « Cette décision est une première étape et on doit encourager le fait que le gouvernement ait pris acte du problème. Mais se limiter à cette première étape, sans autres mesures de suivi, cela risquerait de déplacer le problème ailleurs, notamment dans les cachots des commissariats. »
En septembre 2024, la prison de Makala avait été le théâtre d’une violente tentative d’évasion entraînant plus de 120 morts, des dizaines de blessés et des détenues victimes de viols. Un drame carcéral qui avait remis en lumière la situation de la plus grande prison de RDC.





