Tchad: recrudescence des combats dans le Tibesti, dans le nord du pays
Dix-huit mois après l'accord de paix d'avril 2025, la région aurifère du Tibesti, au nord du Tchad, replonge dans la violence. Des affrontements armés ont éclaté le 14 octobre entre l'armée régulière et le Comité d'autodéfense de Miski, faisant au moins deux morts parmi les officiers de la brigade minière et une dizaine de blessés. Depuis, l'armée est massivement déployée au Tibesti.

Avec notre correspondante à Ndjamena,
L’importante présence militaire dans la région du Tibesti s'accompagne d'une forte activité logistique. Depuis la capitale Ndjamena, les avions militaires ne cessent de décoller tous les soirs. Pourtant, un accord a été signé entre le gouvernement tchadien et le comité d’autodéfense de Miski en 2025 pour apaiser les tensions qui secouent régulièrement le Tibesti.
Le non-respect des engagements étatiques – les nominations et l'intégration – et la mauvaise gestion du comité de suivi sont à l’origine de la crise actuelle, selon le comité d’autodéfense.
Une source proche des négociateurs de l’accord de paix tient à clarifier la situation : « Les membres du comité d’autodéfense ne sont pas des rebelles, ils ne menacent pas le pouvoir. Ils défendent leur région et leur or ». Le point de non-retour a été atteint suite à un incident il y a une dizaine de jours, lorsqu'un groupe d’orpailleurs extérieurs, comprenant un cousin du président tchadien, a pénétré dans une zone aurifère normalement interdite. Le cousin y a trouvé la mort.
Face à ces tensions sur le partage des ressources du sous-sol de la région et des permis d’exploitation de l’or, des voix parmi les autorités tchadiennes et les figures importantes du Tibesti appellent à un retour au calme.





