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Centrafrique: des acteurs de la journée «ville morte» toujours détenus par la police

il y a 7 heures
2 min de lecture

En Centrafrique, une enquête a été ouverte visant les organisateurs d'une nouvelle journée « ville morte » prévue, mardi 20 octobre, à Bangui, le Procureur les accusant d'« inciter à la désobéissance civile ». Les Centrafricains sont confrontés, depuis début octobre, à une augmentation des prix à la pompe décidée par le gouvernement, suscitant un large mécontentement dans ce pays parmi les plus pauvres au monde.


Une vue du rond point des martyrs à Bangui, le matin du 12 octobre 2026
Une vue du rond point des martyrs à Bangui, le matin du 12 octobre 2026

Avec notre correspondant à Bangui,


L'ouverture de l'enquête intervient alors que cinq acteurs de la société civile - à l'origine d'une première opération « ville morte », le 12 octobre - demeurent en détention dans les locaux de la police, trois jours après leur arrestation à Bangui. Interpellés alors qu’ils s’apprêtaient à tenir une conférence de presse, ils font, depuis, l’objet de nombreuses réactions.


Des organisations de défense des droits de l’homme, l’opposition, les forces vives de la nation et même des voix au sein du pouvoir dénoncent des arrestations jugées arbitraires et réclament leur libération.


Interdits de visite


Leurs avocats et leurs proches affirment, par ailleurs, être empêchés de leur rendre visite.


Samedi 17 octobre, les avocats des cinq acteurs de la société civile interpellés à Bangui ont tenté, sans succès, de rencontrer leurs clients.


Maître Nicolas Tiangaye, l’un des douze avocats mobilisés pour leur défense, dénonce cette situation : « Nous avions informé, par écrit, le procureur de la République près du tribunal de Grande instance de Bangui, de notre constitution pour assurer la défense de ces cinq personnes. La première démarche amenée, c’était de rencontrer nos clients pour avoir les éléments probants concernant leur défense et ensuite pour savoir ce qui leur est reproché. Pour l’instant, on nous a interdit de les voir. »


Droits des détenus « non respectés »


Selon des sources policières, les cinq personnes interpellées se portent bien. Les restrictions d’accès auraient été imposées pour des raisons de sécurité.


Une explication que conteste la défense qui estime que les droits des personnes détenues ne sont pas respectés « Ce ne sont pas des terroristes. La nature de ce régime qui veut museler les Centrafricains est aux antipodes de l’État de droit. Demander aux pouvoirs publics de baisser le prix du carburant ne constitue, ni une contravention, ni un délit et encore moins un crime. »


Selon une source judiciaire, les cinq acteurs de la société civile devraient être présentés au procureur de la République, en début de semaine prochaine.


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