Côte d’Ivoire: une partie de l'opposition propose une nouvelle Commission électorale après sa dissolution
En Côte d’Ivoire, plusieurs partis d’opposition se sont accordés sur des propositions communes concernant la future institution chargée d'organiser les scrutins, après la dissolution en mai dernier de la Commission électorale indépendante (CEI). Le document, élaboré après plusieurs semaines de concertation, a été remis lundi 5 octobre au ministère de l’Intérieur. Mais les deux principaux partis d’opposition étaient quant à eux absents.

Avec notre correspondante à Abidjan,
En Côte d'Ivoire, le PPA-CI de Laurent Gbagbo, la CAP-CI, qui comprend notamment le FPI de Pascal Affi N’Guessan, l’ADCI d’Assalé Tiémoko et la plateforme HCE emmenée par l’ancienne première dame Simone Ehivet ont participé aux discussions sur les contours du futur organe électoral.
Depuis l’annonce, en mai dernier, de la dissolution de la Commission électorale indépendante, les partis de l’opposition, très critiques à l’égard de l’ancienne CEI, qu’ils accusaient notamment de partialité, se concertaient pour élaborer une feuille de route commune.
Un organe composé d’« experts »
L’une des propositions, qualifiée d’« exigence » par les partis, concerne la composition de la future institution. L’opposition ne veut pas y voir de « représentants de partis politiques, du gouvernement ou des pouvoirs publics ». Elle souhaite au contraire que des « experts » y siègent, afin que la structure « puisse mener sa mission sans aucune considération partisane », explique Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI).
« La première exigence, c’est que l’organe chargé des élections soit un organe véritablement indépendant, neutre et impartial. Ce qui signifie qu’il ne doit pas comprendre des représentants de partis politiques, des représentants du gouvernement, des pouvoirs publics. Il faut aussi que ce soit un organe composé d’experts en matière électorale. », indique-t-il.
Le document prévoit également la création d’un observatoire chargé de surveiller le processus électoral. Pour Charles Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), l’objectif est de « mettre en place un organe consensuel qui puisse éviter à la Côte d’Ivoire des conflits ».
« La Côte d’Ivoire est réputée comme un pays à risque électoral, où il y a des conflits tous les cinq ans. Au moment où je vous parle, il n’y a pas d’élection, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de pression en ce moment, ni de passion. C’est le moment idéal pour qu’on puisse confronter nos idées et que ça puisse accoucher d’un organe consensuel. »
Un consensus difficile au sein de l'opposition
Mais le consensus reste difficile au sein même de l’opposition. Si le PPA-CI de Laurent Gbagbo a participé aux travaux sur le document commun, il n’en est pas officiellement signataire, « pour des raisons de procédure interne au parti », confie l’un de ses cadres.
Autre absence : celle du PDCI-RDA. Le principal parti d’opposition a choisi de transmettre séparément ses propositions de réforme au ministère de l’Intérieur, la semaine dernière.
Aucune décision officielle n’a encore été prise par les autorités ivoiriennes sur la composition ou le fonctionnement du futur organe électoral.





