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Ebola: la justice kényane suspend l'ouverture du centre de quarantaine américain au Kenya

Au Kenya, la Haute Cour de justice à Nairobi a suspendu temporairement, ce vendredi 29 mai, l’établissement sur le territoire d’un centre de quarantaine pour les ressortissants américains exposés à Ebola. L’information avait été confirmée la veille à RFI. La construction de cette infrastructure a déjà démarré à Laikipia, dans le centre du pays, sur une base militaire aérienne des Forces de défense kényanes, mais les organisations de la société civile kényane ne l’entendent pas de cette oreille.


Une volontaire de la Croix-Rouge s'adresse à la population lors d'une campagne de sensibilisation publique menée à Bunia, au Congo, le lundi 25 mai 2026, en pleine épidémie d'Ebola. (Image d'illustration) © Moses nicole
Une volontaire de la Croix-Rouge s'adresse à la population lors d'une campagne de sensibilisation publique menée à Bunia, au Congo, le lundi 25 mai 2026, en pleine épidémie d'Ebola. (Image d'illustration) © Moses nicole

Par : Grand Debat


Avec notre correspondante à Nairobi, Gaëlle Laleix


C’est l’organisation de défense des droits humains, le Katiba Institute, qui a déposé jeudi 28 mai en urgence une plainte auprès de la Haute Cour de justice de Nairobi. Dans le document, l’organisation évoque « une installation de quarantaine pirate » sur le territoire kényan. Elle reproche au gouvernement kényan d’avoir autorisé la construction de ce centre, sans avoir obtenu l’aval du Parlement, ni organisé les consultations publiques de rigueur, ni même dévoilé les contours de l’accord avec les États-Unis.

En attendant une audience entres les parties, la Haute Cour de Nairobi interdit à l’État kényan « de créer, mettre en service, approuver ou faciliter toute installation d’exposition, de quarantaine, d’isolement ou de traitement liée à Ebola ». La Haute Cour du Kenya communiquera sur la suite de la procédure le 2 juin.

Une décision accueillie avec soulagement, par le Dr Davji Bhimji Atellah, secrétaire général du Syndicat des médecins, pharmaciens et dentistes, qui déplore, lui aussi, un manque de transparence. « Le Kenya est une république souveraine, et non une salle d’isolement géopolitique », avait-il écrit sur le réseau social X. Il demande que soient rendues publiques les contreparties qu’aurait obtenues le Kenya pour avoir accepté d’accueillir l’infrastructure américaine.

L'ouverture du centre était imminente

Le député de l’opposition Willis Evans Otieno souligne quant à lui l’ironie de voir le Kenya accepter d’accueillir des cas suspects sur son territoire, alors même que les « puissances qui poussent à cet arrangement seront les premières à restreindre nos déplacements », si un cas venait à être détecté.

La construction du centre américain de quarantaine avait déjà démarré, sur la base militaire de Laikipia, dans le Centre du pays. Avec une capacité de 50 lits, son ouverture devait avoir lieu ce vendredi.

La décision de justice intervient quelques heures après que le président William Ruto et le secrétaire d’État américain Marco Rubio se sont entretenus au téléphone. Dans un communiqué, Tommy Pigott, porte-parole du département d’État, a annoncé jeudi soir un financement de 13 millions et demi de dollars, pour soutenir les efforts du Kenya dans sa préparation à faire face au virus Ebola.

La société civile kényane reste sur ses gardes. Le gouvernement a déjà outrepassé une décision de justice pour satisfaire son partenaire américain. En 2024, il a notamment envoyé des soldats en Haïti, malgré une suspension ordonnée par la haute cour de Nairobi.

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