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RDC: l’opposition dénonce une injustice entre sa marche cible de violences à Kinshasa et celle du camp pro-pouvoir

24 sept.
3 min de lecture

En République démocratique du Congo (RDC), le camp du pouvoir a organisé plusieurs marches à travers le pays, le 22 septembre. Le mot d’ordre était notamment de soutenir le projet de modification de la Constitution. La parti présidentiel et ses alliés revendiquent un succès après cette mobilisation. Du côté de l’opposition, on dénonce un « deux poids, deux mesures » après un rassemblement qu’elle avait organisé à Kinshasa le 15 septembre et qui avait été marqué par des violences.


Des manifestants brandissant des drapeaux lors d'une marche de l'opposition contre une éventuelle modification de la Constitution, à Kinshasa, le 15 septembre 2026. AFP
Des manifestants brandissant des drapeaux lors d'une marche de l'opposition contre une éventuelle modification de la Constitution, à Kinshasa, le 15 septembre 2026. AFP

En République démocratique du Congo (RDC), plusieurs leaders de l’opposition ont dénoncé une politique du « deux poids, deux mesures » après les marches du pouvoir du 22 septembre 2026. Un deux poids, deux mesures qui concerne l’encadrement des manifestations. Les opposants évoquent notamment leur précédent rassemblement à Kinshasa, cible de violences le 15 septembre, alors que mardi, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti présidentiel, et ses alliés, ont marché dans le calme dans la capitale congolaise.


« Ils ont instrumentalisé la population pour dire qu'ils ont réussi leur marche »


Une situation qui n’est pas normale pour Christian Mwando, député et président du groupe d’Ensemble pour le changement, le parti de Moïse Katumbi, à l’Assemblée nationale. « Le parti au pouvoir s'est discrédité dans la mesure où, après avoir interdit dans toutes les villes de la RDC en dehors de Kinshasa, les marches, après avoir procédé aux arrestations, déployé l'armée et la police dans l'ensemble de la République, ils se sont permis d'utiliser les mêmes villes en instrumentalisant la population pour dire qu'ils ont réussi leur marche. Je trouve que nous avons fait un grand pas en arrière, parce que nous avons des manifestations dans un seul sens et nous n'avons plus la liberté de manifestation au sein de notre pays », affirme-t-il au micro de notre correspondante, Paulina Zidi.


« Ce que nous demandons, c'est qu’on rétablisse la démocratie. C'est-à-dire que, lorsque l'opposition veut manifester pacifiquement, qu'on laisse l'opposition faire ses manifestations et non pas terroriser la population et ensuite aller dans les médias pour clamer que l'opposition est faible », ajoute Christian Mwando.


L’UDPS et ses alliés revendiquent, eux, un succès après leur mobilisation de ce mardi à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Une manifestation qui s’est déroulée dans le calme dans la capitale congolaise.


« Ce n'était pas étonnant que la mobilisation du pouvoir soit beaucoup plus dense »


Pour le politologue congolais, Christian Moleka, il faudra attendre les prochains rassemblements pour vérifier si cette dynamique se poursuit. « Ce n'est pas une grande surprise [cette affluence, NDLR], d'autant plus que cette activité intervient après celle de l’opposition. Et donc, c'était prévisible qu'ils tenteraient de faire davantage, souligne-t-il. C'est un parti au pouvoir, avec une plateforme qui a plus d'une centaine de partis politiques, un ancrage dans la ville assez avéré également. Donc, ce n'était pas étonnant que la mobilisation du pouvoir soit beaucoup plus dense que celle de l'opposition ».


Il décrypte : « Là, n'était vraiment pas l'enjeu. C'est davantage la dynamique, je dirais, dans la durée, puisque, plus on va avancer vers 2028 [année durant laquelle sont censées se tenir les prochaines élections générales, NDLR], plus les questions, à la fois de la fin du mandat [de l’actuel chef de l’État qui pourrait en briguer un troisième, après une éventuelle modification de la Constitution, NDLR] deviendront plus crispantes, plus on verra si les rapports de force vont évoluer. »


Christian Moleka poursuit : « Un autre facteur, peut-être, c'est que si les églises de réveil peuvent avoir une forme de proximité avec le pouvoir, on n'a pas vu pour l'instant un rapprochement entre l'opposition et l'Église catholique. Et donc, une Église catholique qui se positionnerait, cela pourrait changer le rapport de force. »


La RDC est traversée depuis plusieurs mois par des tensions politiques autour d’un projet de changement de la Constitution qui pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat de Félix Tshisekedi, alors que ce dernier avait indiqué en mai 2026 que les prochaines élections générales, après celles de 2023, pourraient ne pas avoir lieu en 2028, en raison notamment de la situation sécuritaire dans l’est du pays.


Une partie de l’opposition, regroupée dans la Coalition article 64 (C64), avait manifesté le 15 septembre contre ce projet de révision constitutionnelle. Plus particulièrement contre la loi qui doit repasser devant le parlement portant organisation d'un référendum qui pourrait permettre d'organiser une consultation nationale sur cette nouvelle constitution.


Un dialogue national, convoqué par le président, doit avoir lieu durant les prochains mois, mais l’opposition conteste son cadre et les modalités de son organisation, directement sous l’égide des autorités.



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