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RDC: l’opposition quitte l’hémicycle en plein examen d’un rapport sur le projet de loi référendaire

En République démocratique du Congo (RDC), la majorité au pouvoir avance vers l’adoption d’une loi sur le référendum à deux ans de la fin du second mandat de Félix Tshisekedi. L’opposition, qui soupçonne que son objectif est d'imposer un troisième mandat pour le président en place, a claqué la porte de l’hémicycle le 27 mai lors d’une plénière consacrée à l’examen du rapport d’une commission mise en place pour le toilettage de ce texte.


Une vue du Parlement de la République démocratique du Congo, à Kinshasa. © Gerard MBOYO/GD
Une vue du Parlement de la République démocratique du Congo, à Kinshasa. © Gerard MBOYO/GD

Par: Jeunes Patriotes


Avec notre correspondant à Kinshasa, Gerard MBOYO


À peine l’ordre du jour adopté, la vingtaine de députés que compte l’opposition en RDC a levé l’ancre.


À leur tête, Christian Mwando, le président du groupe parlementaire de l’opposition. « L'objectif ultime de la majorité, c'est de pouvoir déverrouiller l'article 220 [de la Constitution, NDLR] et donner un mandat à durée indéterminée au président de la République, accuse-t-il. Pour éviter d'être complices de ce mouvement, nous avons jugé bon de quitter l'hémicycle ».

L'article 220 limite à deux le nombre de mandats présidentiels, ainsi que leur durée. Il protège également l’indépendance du pouvoir judiciaire ou encore les droits et libertés de la personne.

« L'opposition est libre de sortir, mais nous, nous allons poursuivre »


Réaction immédiate à cette sortie d’Aimé Boji, président de l'Assemblée nationale, du haut de son perchoir : « Si l'opposition ne veut pas que le peuple s'exprime, elle est libre de sortir. Mais nous, en toute sérénité, nous allons poursuivre nos travaux. »


Dans sa déclaration officielle, le groupe parlementaire de l'opposition estime que poursuivre le projet de loi référendaire est « immoral et illégal » quand on sait que le pays est en guerre et que deux de ses provinces sont sous état de siège. C'est un projet qui tend « à légitimer la rébellion » dans l’est du pays, selon ce groupe.


Réunie autour de la « Coalition Article 64 », l’opposition a annoncé une journée ville morte le 3 juin prochain pour afficher son refus catégorique de ce projet.


Si le texte passe en l’état, l'actuel Parlement, contrôlé à plus de 90 % par la majorité, deviendra une Assemblée constituante chargée de valider une nouvelle proposition de Constitution, avant qu’elle ne soit soumise aux Congolais par référendum.


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