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RDC: un audit signale près de 40% d'agents fictifs ou inactifs dans la police

En République démocratique du Congo, un audit des effectifs de la police nationale met au jour des irrégularités de grande ampleur. Sur 158 000 dossiers examinés, près de 40 % sont jugés suspects. Pour le gouvernement, l'enjeu est aussi financier : ces anomalies pourraient coûter plus de 230 millions de dollars par an.


Des policiers de la République démocratique du Congo lors d'une manifestation à Goma, le 31 octobre 2022. © Arnaud yanga / AFP
Des policiers de la République démocratique du Congo lors d'une manifestation à Goma, le 31 octobre 2022. © Arnaud yanga / AFP

Agents non actifs, policiers présumés fictifs ou encore dossiers irréguliers : l'audit préliminaire de la police nationale congolaise a identifié 63 817 dossiers prioritaires nécessitant un contrôle physique approfondi. Selon le gouvernement, ces irrégularités pourraient représenter une perte comprise entre 8,3 et 19,4 millions de dollars par mois, soit jusqu'à 233 millions de dollars par an si rien n'est fait.


Les autorités veulent désormais financer une vaste opération d'identification biométrique et de délivrance de cartes aux policiers afin de mieux maîtriser les effectifs et la masse salariale.


Mais ces révélations inquiètent aussi sur le plan sécuritaire. Des organisations de la société civile rappellent que le pays compte déjà environ un policier pour plus de 700 habitants, un ratio jugé insuffisant. Or, le gouvernement ne prévoit que le recrutement de 90 000 nouveaux policiers sur cinq ans.


Selon plusieurs sources policières, le phénomène des fictifs résulterait d'années de recrutements irréguliers, de recommandations et de détournements présumés de salaires.


Certaines voix au sein de la police estiment qu'un retour temporaire au paiement manuel faciliterait les contrôles en cours.

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